Quel stylo choisir ?

Quand  on a des difficultés avec l’écriture on se dit que c’est peut-être  à cause du stylo et on se plaît à croire qu’il en existe un, fait pour nous.

Le problème vient rarement de l’outil scripteur mais le choix de celui-ci  peut faciliter une  bonne tenue de crayon.

Comment s’y retrouver ? En effet  il existe  un nombre incalculable de marques et de modèles.

Lequel choisir ?

Les stylos à bille  sont les plus répandus, ils sont très bon marché, ils  ont une très bonne glisse…..à condition de le positionner  verticalement ! Il induit un mauvais positionnement des doigts, il est donc  à proscrire pour ceux qui ont des difficultés avec l’écriture.

 

 

Très utilisé par les collégiens, le 4 couleurs est bien pratique pour avoir plusieurs couleurs sous la main. Il a le même défaut que le bille classique : il fonctionne  très bien  lorsque la  pointe est perpendiculaire  à la feuille, il ne fonctionne  pas du tout  s’il est correctement  tenue c’est-à-dire placé dans la commissure « pouce-index ». Son diamètre est également beaucoup trop gros, les doigts glissent. A déconseiller donc  à ceux qui peinent à écrire.

Les stylos bille triangulaires permettent une meilleure prise ( Inkjoy de chez Papermate  ou Slider Edge de chez Schneider). La bille glisse assez bien lorsqu’on tient le stylo  convenablement mais beaucoup mieux lorsqu’on le verticalise, il faut  donc se discipliner pour garder la bonne tenue du stylo. Je  conseille  le « inkjoy » aux enseignants qui disposent d’un budget restreint pour équiper leur  classe.

 

 

 

 

 

C’est vers les « rollers » que je dirigerais les élèves en difficulté  d’écriture. Ils offrent généralement une partie « grip » pour une  meilleure prise en main. Le trait est régulier, ils sont rechargeables  et effaçables. Attention certains rollers reviennent très cher à  l’usage. (de gauche  à droite : Stabilo Fun , Pilot Frixion, Pelikan Griffix attention pour ce dernier il y  a la version pour les droitiers  et celle pour gauchers)

 

Le stylo plume est réservé  à ceux  qui maîtrisent et la tenue et  le geste graphique.

Il ne peut donc pas être proposé pour l’apprentissage et encore moins de façon collective à une classe entière. Il existe de très  bonnes marques pour les débutants qui s’y essaient (Lamy, Pelikan, Mercurius France, Faber Castell)

Après une rééducation de l’écriture, il n’est pas rare que l’élève fasse le choix du stylo plume, qu’il soit droitier ou gaucher.

 

Pensez aussi qu’il n’est jamais trop tard pour rééduquer son écriture et qu’il suffit de quelques séances (parfois une seule !), pour adopter  une bonne tenue du crayon.

Plus d’infos :  www.isabelle-godefroy.fr

Rentrée des classes : agenda ou cahier de texte ?

Chaque année, dès le mois d’août, les rayons des magasins déploient toute la gamme d’agendas et de cahiers de texte, tous plus colorés les uns que les autres. Il y en a pour tous les goûts et à tous les prix et il est choisi principalement pour son apparence sans prendre en compte l’utilisation qui en sera faite, à savoir : écrire les devoirs
Et si on choisissait son agenda ou son cahier de texte en fonction de son aspect pratique plutôt que par rapport à son apparence ?

S’il y a bien un support où il est extrêmement difficile d’obtenir une belle écriture de la part de mes élèves en rééducation, c’est bien leur agenda.
En dehors du fait qu’ils notent généralement les devoirs « à l’arrache » à la fin de la journée (à la fin de chaque heure au collège) sans s’appliquer, par peur de manquer de temps, l’agenda est aussi un support, la plupart du temps, peu adapté à l’écriture.
Cela donne souvent quelque chose dans ce genre-là :

La plupart des agendas mesurent 12 x 17 cm et proposent une page par jour, soit au minimum 365 pages ce qui entraîne une épaisseur importante Pour écrire, l’enfant est donc confronté à plusieurs difficultés :
– L’espace réservé à l’écriture est très réduit.
– S’il n’est pas à spirales, le support est instable, la feuille est bombée et le trait mal assuré.
– L’avant-bras ne peut pas prendre appui sur la table, le poignet est obligé de faire un « pont » pour gérer la hauteur du « pavé ». La posture ne peut donc pas être « ad-hoc»
Dès le cycle 3, ce sont malheureusement ces types d’agendas qui ont le plus de succès.

Au primaire, j’ai tendance à préconiser le cahier de texte : Les différents paramètres sont plus adaptés : petit format, spirales, moindre épaisseur, lignage Seyès. Soyez vigilant sur la qualité du papier et préférez un lignage bi-colore.Préférez les spirales pour éviter la « bosse » à la pliure.

Pour les plus âgés, j’ai trouvé que l’agenda de chez Clairefontaine réunissait un grand nombre de points positifs : format A4, 1 semaine par page permettent de réduire le nombre de pages. La qualité du papier est bonne avec lignage simple.

 

Voici  les progrès réalisés par Adam dans son agenda au cours de sa rééducation alors qu’il était en CE2  entre le mois de décembre et début mai. Devenu  expert, Adam réussit  à contourner toutes les difficultés.

Le rééducateur en écriture travaille en partenariat avec d’autres professionnels.

Croiser les regards avec d’autres professionnels

NB : rappelons ici que la prise en charge  du rééducateur en écriture est  « grosso modo » mensuelle, ce qui rend possible, sans alourdir l’emploi du temps de l’enfant, ce travail  en partenariat.

L’orthophoniste :

C’est LE spécialiste vers qui les familles se tournent le plus souvent mais son champ  de compétences est extrêmement vaste. Certains se spécialisent dans un domaine (bégaiement, Alzheimer, dyscalculie…). Il peut être amené à traiter des difficultés d’écriture mais s’il n’est pas spécialiste de la rééducation du geste d’écrire, un travail en cohérence peut s’avérer très utile.

L’orthoptiste :

La détection de troubles neuro-visuels  permettent de mieux comprendre comment des difficultés d’ordre visuels peuvent impliquer des difficultés en lecture et en écriture. L’orthoptiste  peut orienter ses patients vers un rééducateur en écriture. De même, le rééducateur peut suspecter des troubles visuels et demander  de vérifier auprès d’un orthoptiste qu’aucune gêne fonctionnelle ne soit en cause dans les difficultés à maintenir  la ligne, à  se repérer dans la page, à respecter les lignages, à copier sans retours incessants au modèle, à mémoriser l’orthographe lexicale (mémoire visuelle)

Le psychomotricien:

Il est qualifié pour aider les personnes ayant des difficultés psychomotrices. Il s’adresse  à la psychologie de l’enfant (le plus souvent par le corps et par le jeu)  et le réconcilie avec son corps par de la motricité globale et/ou de la  motricité fine. C’est un partenaire précieux pour tout ce qui concerne les problèmes de latéralité non ou mal résolus, les problèmes de tonus musculaire, de mauvaises perceptions du schéma corporel. Le psychomotricien peut orienter vers le rééducateur quand il estime qu’il n’y a plus de problèmes d’ordre psychomoteur mais que les difficultés d’écriture persistent. Dans ce cas il s’agit probablement d’un problème d’apprentissage que le rééducateur en écriture aura d’autant plus de facilité à rééduquer que le psychomotricien aura préparé le terrain. De son côté le rééducateur n’hésitera pas  à orienter la famille s’il constate des difficultés de coordination, des difficultés praxiques ou des interrogations concernant la latéralité qui dépasse le seul champ de l’écriture.

Le psychologue :

Parlons ici seulement de deux « types » de psychologues.

Le psychologue spécialisé dans le diagnostic et le dépistage des différents troubles. Il fait passer des tests qu’il analyse. Suite aux bilans effectués, il préconise aux familles les prises en charge qui sont susceptibles de venir en aide à leur enfant (entre autre le rééducateur en écriture quand  il connaît son existence). Il n’assure pas de suivi psychologique.

Le psychologue qui assure un suivi psychologique peut venir en soutien à la rééducation. Inversement, le rééducateur peut orienter vers le psychologue  lorsque les perturbations de l’écriture sont d’ordre psychologique  (quand l’estime de soi est trop détériorée, en cas de dépression suite à des évènements traumatisants (maladie, décès)

Dans certains cas il est préférable d’attendre que le problème psy soit, sinon résolu, du moins surmonté, pour entreprendre  une rééducation.

L’ergothérapeute :

Il y a plusieurs cas de figure avec l’ergothérapeute.

Le cas le plus fréquent est celui des familles qui viennent vers le rééducateur en écriture parce qu’ils refusent la proposition de l’ergothérapeute d’abandonner l’écriture manuscrite et de préparer l’enfant à l’apprentissage du clavier.

Dans certains cas, nos deux prises en charge se font en parallèle parce qu’il faut pouvoir être opérationnel (à l’entrée au collège par exemple) avec au moins l’un des deux outils.

C’est parfois aussi (dans les pathologies les plus lourdes) le rééducateur qui va orienter vers l’ergothérapeute quand il estime que la frappe au clavier peut être plus efficace et que l’écriture est trop coûteuse même si nous sommes parvenus à des progrès notables.

L’enseignant :

Comme avec les autres professionnels, l’ enseignant est  prescripteur quand le problème dépasse ses compétences, celui de l’enseignement. C’est très précieux de pouvoir compter sur son soutien en classe pour mener à bien une rééducation.Le rééducateur peut dans certains cas participer aux Equipes de Suivi de Scolarisation. On peut le solliciter pour  participer  à l’élaboration des PPRE ou des PAP. L’enseignant  est aussi très souvent en demande de formation pour  lui permettre d’aider au mieux ses élèves en difficultés.(Plus d’infos http://www.isabelle-godefroy.fr/?page_id=14)

 Le médecin :

Pédiatres, neuro-pédiatres , médecins traitants travaillent aussi en partenariat avec  le rééducateur en écriture.

Cette liste de professionnels n’est bien entendu pas exhaustive : kiné, osthéopathe…..

NB : nous exerçons notre profession auprès du même public que les graphothérapeutes,  mais avec des méthodes très différentes. Le  rééducateur n’est pas un thérapeute : il ne fait pas de bilan graphomoteur, il  ne fait pas d’analyse graphologique de l’écriture pour travailler des aspects touchant à la psychologie du patient.

La rééducation en écriture s’intéresse à l’écriture dans son ensemble, sans jamais séparer la composante motrice (le geste) de la composante symbolique (le son) et de la composante sémantique (le sens).

Journée Nationale des Gauchers

journée mondiale des gauchers

Il y a encore aujourd’hui

de nombreuses idées fausses les concernant !

« Il shoote du pied gauche et pourtant il écrit de la main droite ! » : Rien d’anormal, en effet la latéralité est rarement homogène, on a une latéralité pour le pied (pied d’appel), une pour l’œil (regardez dans un kaléidoscope), une pour l’oreille (sur quelle oreille placez-vous le téléphone portable?) et une pour la main. Lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est gaucher, on ne parle que de sa dominance manuelle.

« Il écrit comme un gaucher » est presque devenu une évidence, c’est-à-dire que l’on considère « normal » le fait de tordre le poignet et d’écrire au-dessus la ligne d’écriture. Certainement à son corps défendant, Barack Obama sert de caution pour que perdure cette posture.

Non, les gauchers ne sont pas obligés de souffrir (parce qu’écrire longtemps dans cette posture est inconfortable à moyen terme et provoque des douleurs dans le poignet). Droitiers et gauchers ont la même posture, le poignet et la main dans le même axe pour éviter les tensions et l’avant-bras parallèle au bord de la feuille, positionné sous la ligne d’écriture. Une différence toutefois et de taille !, le droitier écarte le coude de son buste pour écrire tandis que le gaucher le rapproche, c’est pourquoi il faut IMPÉRATIVEMENT pencher la feuille (à gauche pour les droitiers, à droite pour les gauchers).

« Les gauchers écrivent salement » …. seulement s’ils tiennent leur stylo avec le poignet tordu ! Dans ce cas en effet ils cachent leurs écrits, font des bavures puisque la main (ou le poignet) frotte dessus. Si la posture est bonne un gaucher peut utiliser un stylo plume sans aucun problème. Mais l’habitude de tordre le poignet et de placer la main au-dessus de (ou sur) la ligne d’écriture se rencontre aussi chez les droitiers ! En effet, certains enseignants, croyant bien faire, exigent que la feuille soit placée perpendiculaire au bord de la table, le buste empêche alors que l’avant-bras se positionne parallèlement au bord de la feuille, la seule solution est alors d’écarter le coude et de placer la main au-dessus !

« Il faut écrire les modèles à droite pour les gauchers » …. ou comment prendre le problème à l’envers. Si l’avant-bras est placé convenablement sous la ligne d’écriture (cf supra), il n’y a aucune raison de faire différemment des droitiers. De plus, faire un modèle à droite empêche l’élève d’avoir une bonne gestion de l’espace feuille.

« Les gauchers écrivent en miroir ». Les enfants qui écrivent en miroir ne sont pas forcément gauchers. Avant 6 ans c’est surtout signe que l’enfant n’est pas encore bien latéralisé. Mais il est vrai que de nombreux gauchers ont cette capacité à écrire en miroir même à l’âge adulte (mais de façon consciente)

« Les gauchers donnent des coups de coude lorsqu’on est assis à côté d’eux » C’est vrai et c’est bien involontaire de leur part, d’où l’importance de les placer à gauche d’un droitier ou à droite d’un gaucher. Pour leur confort pensez en classe à les placer dans les rangées de gauche, particulièrement si leur œil directeur est à droite, cela leur évitera des torsions du cou.

Les documents d’accompagnement des nouveaux programmes de maternelle

A quelques jours de la rentrée et donc, de l’application des nouveaux programmes de maternelle, le ministère a mis à disposition des enseignants des ressources pédagogiques.Vous pourrez les consulter sur le site Eduscol

Les contenus vont plutôt dans le bon sens en ce qui concerne l’écriture même si l’on peut regretter que les propos sont assez souvent contradictoires, d’où un manque de cohérence évident.

Par exemple, près avoir insisté sur la nécessité d’avoir une bonne tenue de crayon, l’article conclu qu’en cas de difficulté…. «  il vaut mieux alors (les) laisser (les enfants) tenir leur outil comme ils le souhaitent. » !

Ma collègue Laurence Pierson, rééducatrice  à Paris, a effectué une lecture critique de ces documents d’accompagnement à l’intention des enseignants, vous pouvez vous y reporter en cliquant sur les liens ci-dessous

Se repérer dans le lignage

Au CP, il est important de prendre le temps de se repérer dans le lignage.

Un petit travail quotidien de frises simples avant de commencer à écrire aide à se repérer dans les différents espaces dans lesquels  prendront place les lettres.Il est important que cette activité soit réalisée avec une bonne tenue du crayon, la main placée sous la ligne d’écriture. Placer le crayon pointe vers l’élève permet de mettre en place  une bonne posture.

 

Pour aller plus loin sur ce sujet :

Apprendre à bien tenir son crayon en maternelle dès la PS grâce aux comptines.

Commencer dès les premiers jours de la rentrée par apprendre aux enfants une comptine mimée qui va permettre l’encodage kinesthésique de la tenue de crayon.

Les enfants se mettent en file indienne et viennent chacun leur tour tendre leur main (un indice pour savoir quelle est la main dominante si dominance il y a, car la latéralité n’est pas forcément encore installée à cet âge). La maîtresse fait deux petits « tatouages » : un point sur le haut de la pulpe du pouce et un second sur le côté de la dernière phalange du majeur, à côté de l’ongle.

On chante en donnant de légers coups de pouce répétés sur le point du majeur pour faire tinter la sonnette.

Cela fonctionne avec toutes les comptines : frère Jacques ou pomme de reinette mais préférez des comptines qui parlent de cloches ou de sonnettes.

En voici deux:

Le bourdon dit à la clochette
Tais-toi donc méchante sonnette
Dong, dong, dong, dong, dong, dong,
Mais la clochette lui répond
Din’don, din’don, din’don « chuuut »

Kalinou
Pour écouter cliquez ici

La clochette :

Ding ding ding
Fait la clochette
Dong dong dong
Fait le bourdon
Dring dring dring
Fait la sonnette
Ding ding dong
Fait le carillon

Pour écouter cliquez ici

 

Ces comptines mettent en place la bonne tenue du crayon, elles donnent des points de repère qui permettront d’y faire référence à chaque fois que l’enfant tient un crayon.

Bonne tenue de crayon

adduction

Mauvaise tenue de crayon

C’est un exercice de motricité fine qui installe le pouce en bonne position : La difficulté pour les petits étant de positionner le pouce de façon à ce qu’une fois les deux points en contact, l’ensemble pouce/majeur forme un cercle.Cela évitera tous ces petits pouces qui passent par dessus le crayon qui sont pléthores dans les classes maternelle et au-delà !

Encore une comptine

Le téléphone

Dring dring ! Je compose le 1
Pour appeler mon cousin.
Dring dring ! Je compose le 2
Pour appeler l’oncle Mathieu
Dring dring ! Je compose le 3
Pour appeler mon papa.
Allo papa !

Les troubles neurovisuels et l’écriture

 

 

oeil   La détection de troubles neurovisuels  permettent de mieux comprendre comment des difficultés d’ordre visuels peuvent      impliquer des difficultés en lecture et en écriture.

Ces troubles ont été longtemps ignorés ou confondus avec des troubles ophtalmologiques (les fonctions sensori-motrices) alors qu’ils sont plutôt d’ordre fonctionnels que perceptifs.

Enfin mieux  connus, ils sont aujourd’hui mieux dépistés et rééduqués par des orthoptistes spécialement formés à la neurovision . Le mot écrit étant avant tout un objet visuel, il n’y a rien d’étonnant à ce que l’on s’intéresse aux capacités oculomotrices et visuo-attentionnelles afin de voir si un trouble de la fonction visuelle pourrait altérer la lecture et l’écriture. C’est un nouvel élément à prendre en compte dans l’évaluation de la dyslexie et de certaines dyspraxies.

Au cabinet, lorsque certains problèmes persistent malgré notre travail, c’est un facteur  à prendre en compte. Il n’est pas rare que j’incite les parents à vérifier auprès d’un orthoptiste formé à la neurovision qu’aucune gêne fonctionnelle ne soit en cause dans les cas énumérés ci-dessous:

–  difficultés à maintenir  la ligne

–  difficultés à  se repérer dans la page

–  difficultés à respecter les lignages

–  difficultés  à copier sans retours incessants au modèle

–  difficultés à mémoriser l’orthographe lexicale (mémoire visuelle)

 

Pour aller plus loin:

 

 

 

Latéralité – Latéralisation – Relatéralisation

La latéralisation est un processus qui permet à l’enfant, au travers de multiples expériences sensorielles et motrices, d’acquérir sa latéralité c’est à dire le choix de sa main dominante.

Ce processus ne concerne pas uniquement la main, il concerne aussi le pied, les yeux et les oreilles.

Chaque personne n’a pas forcément une latéralité homogène, on peut avoir l’œil droit directeur et être gaucher. Ce processus s’élabore au gré de multiples facteurs: sociaux, culturels et psychologiques (identification à un parent le plus souvent)

Entre 3 et 6 ans, il est normal d’observer des changements transitoires d’une main ou d’une autre.

La latéralité s’acquiert généralement autour des 6-7 ans. Elle joue un rôle primordial dans l’écriture.

Un enfant mal latéralisé va avoir plus de difficultés pour apprendre à écrire. En rééducation on peut être amené à  relatéraliser. D’où l’importance, en maternelle, de multiplier les expériences motrices et sensorielles, travailler la motricité fine pour que la main dominante coïncide avec celle  qui tient l’outil scripteur.

C’est un préalable à l’apprentissage de l’écriture manuscrite.

Quel que soit sa latéralité, la tenue est identique.

Par contre, le maniement de l’outil scripteur diffère puisqu’un gaucher rapproche son coude du corps quand un droitier l’écarte .Voilà aussi pourquoi il est nécessaire qu’un gaucher penche sa feuille davantage qu’un droitier, cela lui permet de dégager son coude.

tenue identique droitier gaucher

 

image empruntée :http://www.faber-castell.ca/50342/Produits/Apprendre-en-samusant/Pdagogues/Apprendre-crire-avec-systme/Droite-ou-gauche/splrn_index1.aspx

Pour aller plus loin sur ce sujet :

Quels cahiers choisir? Quel lignage choisir?

En France, on utilise majoritairement la réglure Seyes appelée communément « grands carreaux ». Chaque carreau mesure 1cm², découpé de fines lignes horizontales espacées de 2 millimètres. C’est  Jean-Alexandre Seyès, libraire-papetier français qui l’a créé en 1892.

  • Le premier interligne sert à délimiter la hauteur des petites lettres (a,o,e,i,c,m,n,s,u,v,w,x)

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  • Deux interlignes en dessous pour toutes les lettres qui descendent : z, y, p, q, f, g, j

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  • Trois interlignes pour les lettres à boucles qui montent : f, h, k, l, b

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  • Deux interlignes pour le d et le t

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papier Seyes

 

En maternelle, on utilise principalement du papier uni pour les premiers essais d’écriture. Le papier uni permet à l’enfant de  régler la hauteur de son geste en fonction de la mobilité de ses doigts. Une erreur très répandue consiste à proposer aux  élèves des modèles trop grands qui vont induire un mouvement du bras et non des doigts.

Le lignage sera introduit à partir du CP, lorsque l’habileté pour écrire sera en partie atteinte. Il permet un contrôle visuel pour maintenir l’horizontalité de la ligne et une régulation de la hauteur des lettres.

L’apprentissage de l’écriture se fait généralement d’abord avec des interlignes plus larges. Une habitude très largement répandue est de proposer le type de réglure ci-dessous (Double ligne 5mm, 3 mm ou 2 mm). Il  a l’inconvénient de ne pas  visualiser la hauteur du deuxième interligne supérieur pour les lettres t et d, de même que le deuxième interligne inférieur nécessaire aux jambages descendants (z, y, p, q, f, g, j)

DL 3 mm double ligne 3mm interligne margeIl est préférable de commencer par une réglure Seyes agrandi de 3 mm  en début d’année. La réglure Sécail est aussi  très intéressante, car elle propose de mettre en valeur le premier interligne en formant un rail plus foncé. Les lignes sont espacées de 2.5 mm.

cahier sécail seyes 2.5 mm avec rail

Sécail 2.5 mm

Seyes 3 mm 12 mm

Seyes agrandi 3 mm 12 mm

 

 

 

 

 

 

Choisir une réglure plus grande (4 ou 5 mm) risque d’induire des mouvements de flexion trop importants pour des petits doigts de CP et de provoquer de mauvais appuis, des torsions..

Au fur et à mesure des progrès et de la maîtrise de l’outil, on s’acheminera  vers l’utilisation de la réglure standard « grands carreaux ».

Il est important de choisir un papier de qualité supérieure qui mette bien en valeur les contrastes, c’est particulièrement vrai pour les enfants souffrants de troubles neuro-visuels.

A noter, l’existence d’une nouvelle réglure crée par Anne-Gaël Tissot, une de mes collègue rééducatrice en écriture, pour un de ses élèves dyspraxiques. Cette réglure introduit un interligne supplémentaire entre chaque ligne de base. Le premier interligne est de couleur plus foncée pour le repérer facilement. Les interlignes suivants sont matérialisés par des couleurs de plus en plus pâles.Ce lignage est appelé papier « Gurvan » téléchargeable sur le site http://www.sos-ecriture.fr/